Lundi 23 Juillet 2001


Du Montenvers (1930m) au refuge du Couvercle (2687m):

Lever matinal à 5h.

Départ de St.Gervais à 6h après avoir réceptionné les trois filets à provisions que Pascal, le cuisinier des Emmanuels, nous remet pour nos 2 jours d'absence tout en nous souhaitant une bonne rando.A 6h30 nous arrivons à la gare du Montenvers encore deserte.(If faudra se passer du petit dejeuner que nous manque un peu ).Le parking, peu à peu, se rempli; Manfred, encore endormi, et Volker avec un sac bien chargé (c'est lui qui porte les cordes ) ne tardent pas à venir et le train, avec un cinquantaine de randonneurs et d'alpiniste, s'ébranle à 7H pile.

L'objectif de la journée est d'aller au refuge du Couvercle en passant par le nouveau sentier en balcon surplombant la rive droite de la Mer de Glace.

Terminus à 7h22, la marche débute par la descente vers le glacier en suivant le panneau : <Les refuges>.Après quelques minutes de marche nous arrivons à une serie d'echelles assez impressionnante, qu'il nous faut descendre pour prendre pied sur le glacier.

A 7h40 , à 1810m, Dette ,Volker et moi même chaussons les crampons ; Le sentier sur le glacier est bien marqué et nous suivons bêtement les randonneurs qui nous précedent.La pente est très douce et nous ne jugons pas utile de s'encorder.Manfred, lui n'a pas ses crampons mais, personellement, de les avoir au pied me rassure.
Au bout d'une heure de lente montée, je commence à avoir des doutes sur notre parcours. Normalement nous devrions déjà nous trouver sur notre balcon mais nous n'avons apercu aucun chemin traversant le glacier.Quand, peu de temps après, j'aperçois, à la jumelle le refuge de la Charpoua, le doute n'est plus permit, nous ne sommes pas sur l'itinéraire prévu.Tant qu'à faire, un randonneur, même quand il se trompe, ne faisant jamais demi tour, nous decidons de poursuivre sur le glacier pour monter au Couvercle par la voie classique des Egralets.

La montée de la Mer de Glace s'effectue sans problême.Les crevasses , dans toute la gamme de couleurs allant du Bleu au vert, sont magnifiques.Heureusement celles que nous devons emjamber ne sont pas trop impressionnantes.Çà et là on s'émerveille devant des trous cylindriques, profonds de quelques dizaines de centimetres, remplis d'une eau limpide.Je m'attend toujours à y voir un poisson rouge barboter au fond.Volker pense que ce sont les pierres chauffées par le soleil qui ont créusé ces excavations. ???

A 9h20 à l'altitude de 2015, nous faisons une petite pose.En face de nous, en prolongement de la Mer de Glace et du glacier du Tacul, les seracs du Geant sont bien impressionnants.Le refuge d' Envers des Aiguilles perché à 2500m est visible à l'oeil nu.Derrière nous, la Charpoua, avec les Drus sur la gauche et l'Aiguille Verte en arrière plan, nous nargue sans que l'on puisse apercevoir le fameux balcon que nous avons manqué.

Personellement je suis pressé de gagner de l'altitude et nous continuons notre marche pour atteindre bientôt l'intersection entre le Glacier de Leschaux et la Mer de Glace.A ce niveau nous enlevons nos crampons pour passer la moraine rocheuse de Leschaux en suivant les cairns qui balisent cette traversée.

A 11h15 nous butons sur une falaise d'une centaine de mêtres de haut sur laquelle sont fixés plusieurs échelles vertigineuses que l'on va devoir emprunter.Nous sommes aux Egralets à 2175m d'altitude.Je jette un coup d'oeil furtif vers ma chère épouse et suis rassure de voir que la montée qui nous attend ne la traumatise pas le moins du monde (une vraie montagnarde , ma chérie).Manfred, par contre, se fait du soucis pour nous et voudrait que l'on s'assure avec les mousquetons sur le filin d'acier longeant les echelles.Pour lui faire plaisir, Bernadette consent à le faire.

Nous entamons la montée et grâce à une série de plusieurs échelles et mains courantes nous dépassons rapidement ce passage assez impressionnant (à déconseiller en cas de vertige ).Au fur et à mesure de la montée, le panorama s'élargie devant nos yeux, mais il nous faut quand même marcher plus d'une heure pour enfin apercevoir le refuge ou plutôt le refuges du Couvercle.A 13h, à 10 minutes de notre objectif, et à mon grand étonnement, Volker nous propose de faire une petite halte.Il avouera plus tard, à Bernadette, s'ouffrir de crampes depuis pas mal de temps et n'arrivait plus mettre un pied devant l'autre.Manfred, qui avait conduit la marche, n'a pas l'air trop frais non plus et se plaint du dos.Le casse-croute s'impose.

Devant nous, un panorama magnifique.
Les glaciers du Talêfre, de Leschaux, de la Mer de Glace, les Grandes Jorasses, le Mont-Blanc du Tacul, la Dent du Geant et tant d'autres composent le paysage.Nous sommes bien en haute montagne il n'y a pas de doute.

A 13h30 , après 6h de marche tranquille nous pouvons nous reposer au refuge du Couvercle et profiter de la vue à s'en faire péter le mirettes.Le gardien, très sympa, nous attribue quatre places, réservées par téléphone, au dortoir 7 au second étage.Le refuge est plein à craquer et il y aura deux services pour le repas du soir.Nous sommes une bonne trentaine dans notre dortoir, mais étant parmis les premiers arrivés, nous avons le choix de nos couchettes (niveau inferieur près de la fenêtre).Pour la toilette intime, ce sera pour autre fois;il n'y a que deux lavabos à côtés des cuisines pour 128 personnes.

Le reste de la journée se passera à flâner, à observer et à écouter. De nombreuses marmottes nous aident à passer le temps.A la jumelle on apercoit en contre-bas le petit refuge de Leschaux et sur le glacier au pied de Jorasses, un groupe de six personnes sont en train de monter un bivouac. Sous un rocher, un autre groupe de six alpinistes a étalé matelas et sacs de couchage pour dormir à la belle étoile. Le temps étant à l'orage je les trouve bien courageux.

En fin d'après midi une petite pluie glaciale se met à tomber.Nous rentrons à l'intérieur pour une boisson chaude.Sur le mur , une carte IGN attire mon regard.Le sentier panoramique que nous avons raté y figure alors que sur ma carte datant de 1992, il n'éxistait pas encore.Nous decidons de l'emprunter le lendemain pour le retour dans la vallée.

Après un bon repas arrosé de vin rouge, direction le dortoir ou nous sommes les derniers à prendre place.Un coup de tonnerre et une bourrasque de vent oblige Dette à fermer la fenêtre.Mais ce n'est qu'une fausse alerte.Mon orage de montagne tant espéré n'est pas au rendez-vous!!.

Manfred et Volker vont passer une bonne nuit; Dette et moi serons les premiers levés, après les alpinistes qui quitteront le dortoir vers 4h du matin.